Trois semaines déjà que mon périple estival a pris fin, sous le soleil de Menton. Comme si c’était hier, ou une éternité.
Hier parce que des images sont bien encore là, fraîches et colorées, les kilomètres parcourus encore inscrits dans un corps qui se souvient, des moments particuliers encore en mémoire, des visages et des rencontres très présents à mon esprit, et…des bruits retrouvés qui m’indisposent fortement.
Ou une éternité, tant le passage au quotidien fait basculer dans un monde différent dans lequel les occupations journalières accaparent le temps et l’esprit, et limitent le temps du souvenir, tant le rythme retrouvé des journées de bureau fut aisément repris, tant l’avancée des 50 km quotidiens me semble presque déjà de l’histoire ancienne, tant les 5000 km avalés durant les quatorze semaines de mon périple sont presque apparemment digérés, tant les paysages que j’ai vu défiler se superposent les uns aux autres dans un grand livre d’images désordonné, tant les rencontres riches et multiples se confondent parfois pour ne laisser dominer que les impressions majeures.
Le regard que je porte aujourd’hui sur cette épopée ne me procure ni enthousiasme débordant, ni regret déplacé. Comme une parenthèse dans mon espace-temps qui, quoiqu’elle ne me laisse pourtant pas indifférente, n’engendrerait aucun changement fondamental. Je n’en sors « ni tout à fait la même, ni pourtant tout à fait une autre ». Sans doute ma pratique de l’ultra s’en trouvera enrichie et m’ouvrira peut-être de nouveaux horizons. Sans doute les rencontres tant du côté des coureurs que des sauveteurs de la SNSM, m’ont plus appris que je ne peux l’imaginer encore sur la générosité et l’engagement humains. Les mois et années à venir seront là pour engranger tout le bénéfice de la récolte de ces fruits-là.
Ce dont je peux être heureuse, c’est d’avoir réalisé ce cheminement littoral sans souci majeur. Sans aucun doute, est-ce le résultat et le fruit des expériences passées dans lesquelles les difficultés m’auront bien plus appris que les réussites Ceci pour parvenir à une forme d’alchimie sinon parfaite, du moins optimale, de mon savoir-faire (imparfait bien entendu) dans l’ultra, et de mes propres capacités tant physiques que mentales. Il n’est pas dit pour autant que cet état de « grâce » se reproduise et m’accompagne dans mes courses futures.
La qualité principale du littoral français en courant, c’est de l’avoir fait existé, de l’avoir intégré comme une bulle dorée et ensoleillée dans mon univers, de lui avoir donné sa saveur maximum. Il est inscrit à tout jamais dans la mémoire de quelques millions de foulées qui, sans nul doute me porteront vers de nouveaux horizons d’ultras. Trop tôt pour dire aujourd’hui, où quand et comment, mais à coup sûr vers des expériences nouvelles et inédites pour moi.
Pour l’instant, je laisse une large part à la récupération qui fait partie intégrante de la pratique de l’ultra. Celle-ci n’empêche nullement de rechausser les baskets. Je commence à retrouver progressivement une meilleure allure au fil des quelques petites sorties que j’ai pu faire.







Bonjour,
Je me suis permis de t'emprunter ta magnifique définition de l'ultra pour donner du courage à un amis qui ce lance dimanche prochain sur la grande course des templiers. j'esperes que j'ai bien fais. j'ai bien sur laisser sur le bas de l'article ton lien pour ton site.
Nous c'est :
http://kekonfoula.over-blog.com
Rédigé par : Kekonfoula 3 | 23 octobre 2006 à 10:22
toujours difficile le retour à la réalité du quotidien, mais tu peux être fière de ce que tu as réalisé.
Rédigé par : bonobo | 22 octobre 2006 à 18:53