Vendredi 10 novembre. Réveil vers 5 h. J’entends le vent qui souffle au dehors. Je décide de poursuivre le récit de ma course, puis d’aller déjeuner avant de visiter Pétra. Je pleure en écrivant mon journal qui me renvoie à toutes mes douleurs et mes souffrances. Je suis meurtrie dans mon corps et mon âme. Lors du petit déjeuner, je retrouve quelques bénévoles et pouvoir échanger quelques paroles avec eux me fait du bien. Eux aussi viennent de passer une première nuit à peu près normale car pendant l’épreuve, ils ont été fortement sollicités par l’organisation et ont peu dormi. Je n’ai pas encore retrouvé l’appétit et surtout j’ai la sensation d’avoir perdu le goût des aliments.
Satisfaisant pour lui
Impossible de me chausser comme je l’avais imaginé pour visiter le site de Pétra. Mes pieds sont gonflés et logent avec difficulté dans mes baskets. Dès le début de ma visite, alors que je lis un panneau explicatif, j’entends : « alors, la Normande ? » C’est Marc que je n’ai pas revu depuis le départ. Je me mets à raconter ma course, et j’ai de gros sanglots tant l’émotion est encore présente en moi. Je lui dis combien ça a été terrible et éprouvant pour moi. Lui a fort bien couru en 30 h. Il se classe 11éme au général. Bravo. Puis arrive Gérard. Grosse déception pour lui : 41 h. Il dit qu’il était trop fatigué au départ de l’épreuve. Il a les traits tirés et surtout le regard très triste. Surgit dans mon dos Jean-Paul qui a arrêté sa course au 93ème km. Il a 66 ans, considère que c’est satisfaisant pour lui. Il voulait voir Pétra qu’il va enfin pouvoir découvrir.
Cette journée de visite me donne l’occasion de retrouver nombre de concurrents, et de bénévoles. Le plus étonnant est de croiser René, encore en tenue de coureur, qui arpente le site depuis l’aube. Il a le visage très blanc et les traits tirés. Mais son moral est sauf. Je mesure durant cette journée l’étendue de mon épuisement. Je ne peux que marcher doucement, et j’ai même dû réduire mes ambitions : quand j’ai voulu monter les marches du théâtre de Petra, je me suis alors sentie extrêmement faible et me suis obligée à avaler quelque nourriture. Malgré cela, j’éprouvais une sorte de vertige qui m’a contrainte à limiter mon ascension.
La remise des trophées se déroule à 17 h. Emotion de Patrick Bauer qui remercie les concurrents de lui avoir fait confiance. Il a craint le désistement des participants en raison des évènements dans les régions voisines.
Je suis classée 113ème sur 172 participants parmi lesquels on compte 34 abandons, et 9ème femme sur les 12 arrivées. Temps officiel : 55h 31mn (1h de pénalité pour ne pas avoir respecté l’objectif annoncé). Je n’ai pas atteint cette fois-ci mon objectif, mais je sais qu'il est tout à fait réalisable dans des conditions normales. Il me reste à le démontrer. Ce sera peut-être pour une autre fois.







La 1ère édition de la desert cup a eu lieu en 1999 et a été remporté par chritian GINTER.
Rédigé par : bebe | 21 octobre 2008 à 15:58